Des Oreilles pour les murs

Contes et chants d’Anatolie

« La voix abrupte du conte nous parle à tous le langage du coeur, avec parfois les mots de la raison. » – Rémy DOR

RÉSUMÉ:
Nazîm est un facteur bien particulier. Pour lui, point de lettres ni de colis, mais des contes à délivrer. En chemin pour le Songêstan, territoire jugé inaccessible, il est retenu par un étrange mur-frontière. Il fait alors la rencontre de Khadjé, une étonnante musicienne « glaneuse de chants ». Ensemble, ils devront percer le mystère de ce mur, quitte à bouleverser leurs règles et leurs a priori, pour une nouvelle écoute.

Au gré d’une écriture originale, Julie LOBATO et Gabriel TAMALET nous invitent à une traversée des contes et légendes d’Anatolie, dans un territoire mystérieux où se partagent les imaginaires turcs et kurdes. Une fable sur les murs qui se dressent et leurs porosités, sous quelque forme qu’ils prennent.

Note d’intention:

À l’origine de ce travail, il y a notre envie de créer ensemble un spectacle mêlant nos arts et nos influences. À Julie donc les tambours, le lavta et les chants traditionnels d’Anatolie; à Gabriel l’écriture et le jeu; à nous deux l’invention d’une histoire singulière mêlant contes, musiques traditionnel·le·s, et dramaturgie originale.

Avec Des oreilles pour les murs, notre dessein est ainsi de développer un récit-écrin, apte à la fois à faire écho à nos préoccupations sur le monde actuel et en particulier le devenir de la Turquie, mais aussi à enchâsser dans un même spectacle des contes et des chants d’Anatolie, turcs comme kurdes, qui nous semblaient exemplaires de cette culture et important à présenter sur scène. Par ailleurs, n’étant pas originaires d’Anatolie, il nous semblait nécessaire d’initier une création qui nous est propre, au-delà d’un exercice d’hommage pouvant tendre vers une appropriation culturelle hasardeuse.

Après un long temps de recherche et de lectures partagées, inspirés par le poème Le Facteur de Nazîm Hikmet et la pensée de Patrick Chamoiseau Quand les murs tombent, nous avons développé le récit initiatique de Nazîm et de Khadjé, bloqués par ce mur frontière du Songêstan, qu’il s’agira pour eux de comprendre et d’apprivoiser en l’irriguant d’histoires.

Édouard Glissant l’écrit bien : « (…) c’est par l’imaginaire que nous gagnerons à fond sur les dérélictions qui nous frappent, tout autant qu’il nous aide déjà, dérivant nos sensibilités, à les combattre ».

Nous avons ainsi choisi de développer quatre contes emblématiques (Le Corbeau et l’épine, La Brebis noire, La Dame au basilic, La Pierre de Patience) en lien avec notre histoire , et de nous inscrire dans la tradition du Tekerleme, un art oratoire proche d’un slam surréaliste, préambule à tout conte déclamé en Turquie.

Au cours des prochaines résidences, nous chercherons à valider au plateau l’écriture née des précédentes sessions de travail, à répéter cette première forme, mais également à l’augmenter ou à l’affiner par des improvisations. Une attention particulière sera portée à la recherche musicale et à ses jonctions dans la dramaturgie.

— Page internet et dossier en cours de création —