L’OU.T.I

Avec l’OUTI (Ouvroir de Théâtre Inspirant), nous vous invitons à un training de théâtre régulier (deux jeudis par mois) destiné aux comédien.ne.s de tous âges et de tous horizons désireux d’aller à la rencontre d’autres interprètes.
À la façon d’un laboratoire, nous nous amuserons à tenter et à explorer différentes facettes et techniques du théâtre selon les esthétiques et recherches des différent.e.s meneur.se.s d’ateliers.

A partir de janvier, au fil de 3 séances, nous construirons une création éphémère portant sur une thématique propre à l’univers de chaque meneur de séance.
Pour cela nous sommes à la recherche de personnes désireuses de s’engager dans un processus de l’ordre du laboratoire, qui signifie un travail de recherche, d’expérimentation sans but prédéfini et qui seraient disponibles sur les 3 dates du ou des projets auxquels il souhaite participer !
A la fin de chaque cycle, une restitution sera proposée pour mettre en lumière ce qui aura été produit.
Toutes nos séances se dérouleront à la MJC d’Ancely de 14 à 17h45.
A la suite, un descriptif des 3 laboratoires qui auront lieu, nous vous invitons dès aujourd’hui à nous transmettre votre intérêt pour un ou plusieurs d’entre eux (en sachant que nous vous demandons juste de pouvoir être disponible sur les 3 dates au minimum de chaque cycle). N’hésitez pas à nous tenir au courant au plus vite afin que l’on puisse s’organiser !

Pour s’inscrire: louti@posteo.net 

Au Programme :

° Gabriel Tamalet / Cie Présences-Monde / 9, 23 janvier et 6 février
 » Le cœur a ses raisons »

« Chercher l’excès », « sortir du cadre », « pousser le curseur », « détourner les codes », « creuser l’irrévérence », « libérer le bouffon », « aller trop loin », tels sont les mots clés de cette carte blanche théâtrale de 3 séances dans laquelle nous irons parodier, à la sauce théâtrale, l’univers, les intrigues et les codes de jeu des soap-opéras (Les feux de l’amour, Dallas, Magnum, Sous le soleil…).

Pour ce faire, nous nous inspirerons de la cultissime série québecoise « Le coeur à ses raisons »(visible sur Youtube) où les immenses Anne Dorval et Marc Labrèche révèlent cet art théâtral de la parodie, capable de faire de l’or en barre avec le plomb de ces séries de base.

Notre histoire s’appellera-t-elle À sang pour sang coeurs ardents ? Ou bien Les vertiges de la vertu ? On ne le sait pas encore, mais avec le groupe, à nous alors d’imaginer une ville type, et dans cette ville type, d’y débusquer des personnages-types, et avec ces personnages-types, des intrigues-types et des situations-type à mettre en œuvre au gré de différentes scènes-épisodes.

Si la parodie est une caricature, il faut savoir en dessiner précisément les traits, travailler les ressorts de l’humour, les rythmes, les micro-décalages ou grand-écarts en laissant transparaitre le modèle de base, tout en permettant d’y voir la drôle de distorsion opérée. Également, si la grosseur des traits change dans l’interprétation, les enjeux de chaque scène demeurent, et jouer selon ces codes, ce n’est alors pas « jouer mal », mais plutôt, trouver comment « jouer augmenté ».

Dans ce travail, il sera alors intéressant, au passage, d’étudier les différents niveaux de ces codes de jeu et de voir comment il est possible de passer de l’imitation, au pastiche, et à la parodie.

° Sandra Wichurski / Cie L’enclos / 27 février, 5 et 19 mars
# Les Briseurs de machines

En décrivant la société d’aujourd’hui telle que l’a prédit Günther Anders, philosophe allemand, dans les années 60 : une société du conformisme, du standard, dirigée par les machines, un monde de la consommation omniprésente où l’homme n’aura peut être un jour plus sa place dépassé par ses propres créations, nous nous demanderons comment faire pour ne pas tous devenir à la fois des « loup des steppes » et des « briseurs de machines ».

Dans un premier temps, à l’aide d’extraits du livre « L’obsolescence de l’homme » de Günther Anders , nous ciblerons les comportements de l’homme-machine de notre époque, du « soliste » dans la foule, de l’humain qui est devenu au fil du temps un consommateur, un client, une marchandise et qui a accepté avec enjouement de perdre son essence d’être ; ceci dans un travail chorale et corporel.
Puis dans cette même dynamique, au travers d’ improvisations, nous nous exprimerons sur l’époque que l’on vit, que l’on subit en nous identifiant à la figure du loup des steppes et déclamerons à travers des témoignages de luddistes, notre envie furieuse de devenir un jour peut-être « des briseurs de machines ».

 » Ceux qui nous traitent de « briseurs de machines », nous devons les traiter en retour de « briseurs d’hommes »

« En général, on fera en sorte de bannir le sérieux de l’existence, de tourner en dérision tout ce qui a une valeur élevée, d’entretenir une constante apologie de la légèreté ; de sorte que l’euphorie de la publicité devienne le standard du bonheur humain et le modèle de la liberté. Le conditionnement produira ainsi de lui-même une telle intégration, que la seule peur – qu’il faudra entretenir – sera celle d’être exclus du système et donc de ne plus pouvoir accéder aux conditions nécessaires au bonheur.  » Gunther Anders-1956- L’obsolescence de l’homme

« Si la majorité a raison, si cette musique dans les cafés, ces divertissements de masse, ces êtres américanisés aux désirs tellement vite assouvis représentent le bien, alors, je suis dans l’erreur, je suis fou, je suis vraiment un loup des steppes, comme je me suis souvent surnommé moi-même ; un animal égaré dans un monde qui lui est étranger et incompréhensible. » Le loup des steppes- 1927- Hermann Hesse

° Mariana Georgieva / Cie L’enclos / 2 et 23 avril et 7 mai

L’univers du In Yer Face Theatre (Dennis Kelly, Sarah Kane, Caryl Churchill): quelle parole pour le comédien?

« Mes mots n’ont plus rien à me dire. »
Heiner Muller,  »Hamlet-Machine »

L’univers des trois auteurs que j’ai choisi comme base pour mon travail au sein de l’Outi, est à la fois marqué par la simplicité du quotidien et une violence sur-réelle. Cette force est d’abord visible dans leur écriture. Comment porter ce langage au théâtre? Comment créer cet  »autre » espace, à la lisière entre la fiction et le méta-théâtral? Comment trouver cet endroit de la parole, à la fois banale et poétique? Par multiples exercices et du travail approfondi sur plusieurs monologues de Kelly, Kane et Churchill, on va essayer de déconstruire ce langage pour trouver son essence, et l’univers d’une force inquiétante qui l’entoure.